Ennui
L’ennui. Un puit sans faim qu’on nourrit tous les matins. Un vide amère qui se pare de misère quand aux affamés de la vie on n’offre que des jours de pluie. Laisser fuir le temps, celui qui ne revient, se perd puis s’éteint; une torche dans la caverne de nos vies sans substance alors que nous creusons plus loin pour retrouver une surface. Combien de ces paysages, confinés, compressés par cette obscurité étouffante peux tu te rappeler, alors que le soufre a remplacé le parfum du printemps?
L’aube d’un nouveau jour. Une identité éphémère. Ce ciel brun et mat qui déchire les nuages pressés par un orage passé. Non, tu ne renaitras pas dans ce halo de lumière. Tu reposeras surment dans cette flaque d’eau claire dont la surface argentée murmure à nos yeux son absence de fond. Boiras tu de cette eau? Toi, qui, usé par tes élans existenciels se tient debout dans sa cuisine dans l’onde de ton triste monde ?
Vous avez vu le jour poindre. Vous avez vu la vigueur du soleil de midi, le bleu azur de ce ciel clément qui porte l’hirondelle. Vous avez vu le ciel rougir et la froide lune se camper au firmament.
Eh bien, mourrez maintenant.
