C’est au cœur de la tempête entre l’éclair bleu et la lame rouge qu’ils nous ont rendu l’âme qu’ils nous avaient volée.

Le glas sonna sept fois avant que l’eau ne soit versée. Là, devant les astres enfin réunis et bienveillant, la rosée nourrie aux rayons de lune nous conta le voyage du mercure.

Portes d’Andromède soigneusement verrouillées, temple des chagrins et des conflits sans fins. La trace de l’étoile qui brise le sceau sacré et d’une lance d’argent dévoile les secrets. Je ne crains plus la mort, je suis chevalier chymique, les lions sur mes épaules enfantent les destins.

1 month ago 3 notes

Souffle de vie - Kaze ni natta (風になった)

Le monde devait-il s’effondrer ainsi, saisir ce moment, cette chance pour sombrer définitivement comme ma vie contre ces falaises d’albâtre?

Au loin les vaisseaux de nos souvenirs s’enfonçaient dans les flots noirs comme des épaves en devenir, les voiles diaphanes claquées par les bourrasques de nos tourments.

Nos ailes ne nous servaient plus à rien, la chute avait été trop lourde, trop soudaine, la déchirure. Comme un matin où on se réveille dans une vie qui ne nous appartient plus, celle qui, accrochée aux lèvres de l’autre, danse en syncope sur les ondes de sa voix, ses tremblements, ses mots qui caressent et qui découpent.

Pourquoi fixer toujours ce soleil ardent jusqu’à nous faire fondre la rétine, perdre les sens, quitter ce monde physique, hurler au vent la tristesse qui englouti nos entrailles? Le gouffre béant de notre âme effacée, le vide, le voile opaque qui enveloppe le décor de nos rêves, tel une fuite dans la coque d’un trop fier navire.

L’impuissance de son être qui ne peut colmater ses propres brèches, sentir le vent gronder par les fissures, feindre un sourire qui reflète le malaise, le non-sens, la misère des chemins qui se perdent dans les broussailles et ne mènent nulle-part, dans le jamais d’un au-delà trop profond.

Le pardon n’était même plus une option, une vaine chimère construite en un instant par nos esprits trop féconds. Le remède douteux à un échec qui ne peut être digéré, la condamnation, la clôture.

J’épuise mon esprit à parcourir ce ciel d’apocalypse qui se dresse devant moi, je le peins à ma guise avec le sang qui jaillit de ma poitrine… je suis aveugle depuis si longtemps que mon monde et mon imaginaire ne font qu’un. Je lutte avec désespoir contre les systèmes newtoniens et je les transforme en cimetières de mes défaillances.

L’océan agité brise la surface comme un triste miroir. Le temps a fuit, il court encore, il hurle et blesse ma chair comme une lame rouillée. L’appel du large, de l’engloutissement, la fin rêvée, le salut…

D’un monde à l’autre, de temps à autres, de toi à moi, le regard qui lie les rives et ce silence… qui aime nous réunir.

2 months ago

Memento I.ii

Des murs, des verrous, des obstacles dressés, limites du conscient et du possible.

Le parcours d’un vie qui se perd à se retourner sur elle même, à l’infini, toujours… l’heure des évasions qui échouent, des instants où l’on tente de se voler à soi, de dérober à l’emprise du temps la lumière qui nous portera vers la sortie.

Le néant, le puit brûlant d’un monde qui refuse d’avancer, une porte trop lourde dont les gonds ont déjà cédé et la scellent à jamais.

Le frisson lointain d’une passion qui fait vibrer nos os, une aura, un instinct qui nous pousse à percuter, tête en avant, les plaques de béton jusqu’à s’évanouir le front ensanglanté.

La mare bouillonnante de notre vie, qui perd son sens, privée de ses sens, évanouie, brisée… une voix imperceptible qui crie son nom au silence, un espoir déjà si mince qu’il palpite dans les veines comme un effort démesuré.

L’ombre, le manteau du vide, déjà autour de moi, la perte de son âme, de son cœur, aucune volonté de se sauver. L’étreinte finale du poison qui nous corrompt et que l’on serre en retour comme s’il était Elle.

2 months ago

L’instant de perfection, quand le fil rencontre l’autre bout pour tracer le cercle. Entre son regard, les murmures apaisés de son énergie et derrière, presque loin, le ciel rougi parsemé d’une poignée d’étoile, la voix du divin, l’appel de la mort. L’éternel. La bénédiction.

3 months ago

Cado …

Au vent qui se lève quand claquent les boucliers,

tant de matière inerte qui git à mes pieds,

je perd un peu mon regard dans un passé lointain,

dont la brise de printemps rapporte le parfum.

Sur le trône de nos vies suffoquent nos faiblesses,

que les ombres de la nuit n’ont pu apaiser,

si j’ai froid dans le noir c’est que je vois sans cesse,

des corps qui fuient mon flanc pour aller s’échouer.

Dans le tourment de l’instant qui reste teinté d’amer,

entre les doigts crochus de ma propre misère,

je vois que le temps se perd à mes méditations,

et que mon âme se vide comme un verre fêlé,

c’est dans cette coupe que j’ai bu de mon sang,

qu’ils ont tous trinqué au banquet des amants,

les voix suaves des convives prêts à festoyer,

quand s’avance sur la table mon corps mutilé.

Prenez tous de ma chair, fous de faible vertu,

buvez tous de mon fluide comme s’il fut un grand cru,

Vous qui espérez échapper à la terre,

et dont il ne restera ni souvenir ni poussière.

Il me plait de voir les cieux appeler des offrandes,

un soleil de mai s’éteindre à l’horizon,

Je peux sentir au loin vibrer mon Orion,

Quand la rosée se charge de recueillir la vie.

être heureux ici-bas comme celui qui a du chagrin,

sourire à la vie comme à la mort de bon matin,

Aux espoirs que l’on tient pour s’imaginer demain,

et aux yeux qui ne savent que lorsqu’ils sont éteints.

4 months ago

L’Avril alchimique

Face aux rayons de la lune,

Dans le flot d’un espace sans revers,

Comme le reflux des mémoires qui nous agrippent de leurs serres,

Je vole sur le néant pour respirer de nouveau,

Mes pensées libérées, de vapeur et d’écume,

Lions de sublimations qui jaillissent de mon fourneau,

Projetant telles des vagues des fragments du passé,

Brillants comme des émaux lorsqu’ils sont échoués.

Dans les changements d’espace, recherchant le silence,

Celui de la lumière, des auras, de la chance,

Happé par des navires aux voiles fantomatiques,

Qui fendent les nuages de ces cieux d’agonie,

Pour nous mener par l’orage à notre destinée.

Je tends ma main vers l’étoile, je croyais être mort,

Mais ces sombres précipices n’ont pu sceller mon sort,

De mon regard qui vise les pyramides,

De ses yeux qui caressent mon cœur qui suffoque dans ses cendres,

Je vois le chevalier de sa lance d’argent,

Lui qui autrefois avait construit un rêve d’émeraude,

Sort un trésor du cœur de cette braise encore chaude.

Comme une pierre polie et nourrie par le temps,

Un joyau gorgé d’incendie à la surface de tourments,

Errant dans sa brume, dans le voile de l’incertain,

Il cherchait sa fortune et a trouvé ma main.

Il ne faut plus de dragon pour bâtir un empire,

Mais la distillation d’une vie à souffrir,

 Que faut-il donc faire,

Pour changer l’ombre en lumière ?

Chasser les questions et saisir les flux,

Le blanc, le noir et toutes les couleurs,

Je ne suis ni ombre ni rien,

Le seul fil du destin qui poursuit son chemin,

Je saisis des réponses qui croissent dans la matière,

Il est trop tôt pour croire qu’un cœur demeure en hiver.

Regarde dans mes yeux l’étincelle du chagrin,

Qui danse avec la joie en lui prenant la main.

Je plie le monde et ses symboles comme des cartes sans valeur,

Je glisse vers l’éternel comme un héros sans peur.

Ne plus vivre avec ces hommes qui ne sont que bruit et folie,

Partir pour la vibration et sourire à l’infini.

Dans cette terre lointaine je me suis vu rêver,

Dans cette terre lointaine je me suis vu brûler,

Telles les humeurs sans nom qui tapissent nos murs,

Comme la chaleur de nos corps qui dialoguent par murmures.

J’avais déjà sur le cœur ce tatouage gravé,

Le message chymique qu’une étoile éthérée,

Avait déjà inscrit avant de se sublimer.

4 months ago 2 notes

Ceux qui passent des jeux de l’âme aux jeux de lames,

transitent par de biens tristes larmes.

6 months ago

The Fallen

Cet homme, a priori, aux abords de cette caverne, sorte de tanière pour Hermite en méditation tenait profil bas, sa position traduisait une souffrance intérieure qui m’intriguait.

Son regard soudain se fixa vers moi, il m’avait deviné, mais ne s’enfuit point; saisi à cet instant, nu sous ce ciel de braise et mon innocence face à son état, il ne pouvait rien faire d’autre que de m’adresser la parole.

Je m’installais à coté de lui, près d’un feu à moitié éteint, e il me conta, sans que je l’y invite, la genèse de ses tourments:

"Quelle misère que cette chair, que d’être homme, humain, comme vous tous… Je suis un être du divin, je vis dans un espace temps qui diffère du vôtre même si je vis à vos cotés…

Dans l’unique, dans ce qui régit l’univers, mon énergie est un astre qui brûle comme mille feu, toutes les vies de ce monde me traversent et je les ressens vibrer à travers mon être, nous sommes liés, nous sommes un… même vous, oui vous, je perçois votre lumière, votre destin, vos passions, vos faiblesses. Vous êtes constitués de cette matière que le monde vous prête avant de la restituer à la grande fortune et qu’elle y soi recyclée… tel est le chemin de la vie.

J’ai une conscience sans fin, en un sens je suis immortel, mon essence a traversé les époques, les transmutations, l’espace et le temps… j’ai voyagé entre le monde matériel et l’abstrait, depuis toujours… si bien que l’on m’y a même donné un nom. 

Malheureusement, pour exister ici bas, pour être en prégnance avec votre univers, je suis versé dans cette chair, aujourd’hui, humain, et triste…

Cette enveloppe est ma faiblesse car les lois qui la gouvernent désormais vont à l’encontre de notre Trinité…

Les gens de votre espèce ne respectent plus l’énergie, la source de vie, ils gaspillent sans cesse leur destin à de futiles desseins, s’épuisent et s’embrasent sans voir le fil qui les tient.

j’ai goûté à votre décadence sans pouvoir m’en échapper, telle une gravité ancrée dans mon génome, voyez vous jeune homme, j’ai aimé…

L’œil divin qui m’habite a vu dans un être une énergie pure qui m’appelait, qui résonnait, qui vibrait avec la mienne. Dans la sphère de l’infra-monde il n’y aurait aucun doute sur le potentiel que cela implique, quelle tension porterait une si belle dynamique…

Mais ici ce n’est que confusion, l’amour que ‘on reçoit se refuse toujours à se parer d’un grand A… L’Etre puisse t’il être beau, il dépérit à l’instant comme détourné de l’interaction par la recherche perpétuelle du frisson.

Je l’ai tenu dans mes bras, j’ai contemplé son regard, j’ai senti son cœur et son corps battre dans le noir, nos âmes vibrer à l’unisson comme pour fredonner une jolie chanson. Une puissance immense nous envahissait, le souffle transcendant de la vie dans son expression la plus pure. Toucher au divin, ici dans ce monde qui en porte les fragments, être connectés, tous deux, mais aussi à tout et au Tout.

Mais cela s’est enfui, comme les femmes ferment les yeux un soir pour imaginer l’au delà de qui leur fait face. Quitter la lumière pour un rien plus séduisant, briser les chaines invisibles de l’éternel pour un peu de poussière… l’abandon, le refus, pour vivre l’indécis destin de la matière qui se perd, celle qui se dissout sur des chemins d’ombre, retourne au néant pour n’en jamais revenir.

Je pouvais la laisser ainsi glisser vers ses abîmes, si seulement elle n’était pas l’objectif même de mon existence ici… j’en pleure, je me maudis, je sombre.

j’étais une énergie exaltée, je ne suis qu’une étoile qui s’effondre sur elle même, chaque fois que mon être parait face au miroir, je vois déjà un trou noir, un vide, sans fond, sans substance. Prisonnier de cette enveloppe j’ai goûté aux sentiments humains et je les crache jusqu’au sang de mes entrailles sur les pierres qui pavent le sol autour de cette caverne. j’entame ma propre chair pour me révolter contre sa faiblesse. Mon énergie vacille et se sent à l’étroit dans ce corps perdu qui se meurt sans ses bras. Nature et simplicité, immanence et destinée, les avenirs tracés aux plaisirs humbles mais assurément intenses et purs comme des bouchées de divin. Où allez vous ainsi avec votre vie complexifiée? vos désirs sans cesse sur la brèche? Ces dynamiques qui fuient la compréhension du monde mais se cloisonnent dans vos cultures qui exploitent les vices et la démesure, les ruptures, la discontinuité, comme si vivre c’était se réinventer de force… Moi je meurs de tout ça et j’attend de quitter ce corps, quelle misère m’a frappé pour venir ici sous cette forme?…

Je vous souhaite de connaitre un jour al voie vers l’énergie, cette onde mystique que quelques chamans anciens, mystiques et autres alchimistes parmi vous avaient embrassés. Pour qu’un jour vos amour deviennent Amour et que les cœurs cessent de saigner.”

7 months ago

Quoi? vous ne m’aviez pas reconnu? Hélas, le froid et la nuit habitent mon cœur et je suis perdu sous le voûtes glacées d’un ciel sans étoiles.

Chaque seconde qui passe me projette ses images, des prismes par lesquels des arcs-en-ciel en deuil semblent lamenter mon existence.

Oui j’ai perdu la raison, nommez la ainsi, cette danseuse raffinée, cette petite perle qui a échappé à mon regard, mon étreinte, mes baisers.

Je suis l’ange maudit, jadis héraut d’un dieu de lumière! et puis… j’ai aimé… Mais pour quel autre sentiment pourrait ton se couper les ailes? renoncer à l’éternel, à la pureté de l’empyréen?

Ses yeux, son sourire ont arraché ces appendices de mon dos avec autant de délicatesse que de brutalité. Mon cœur… mortel, mon paradis… perdu, mais infini dans son regard et dans les battements de son cœur qui résonnent contre ma poitrine…: le mal.

Elle m’a abandonné dans cet enfer, où je demeure reclus, vaincu, à mirer vos têtes mortelles aussi vides que les ambitions qui vous habitent. Je pleure, je rêve et je me meurs…

Mon cerveau noyé, branché sur un courant alternatif ne reçoit plus les messages divins, il crie et gémit quand il croise dans ses périples les phénoménologies Husserliennes, le pauvre Heidegger… les grands, les penseurs… les tourmentés de la science et de l’Idée…

Je laisse Jung et les furies des épistémologies structuralistes me repeindre de l’intérieur, ils vomissent en moi une perception du monde, la vôtre qui ne ressemble pas à ce paradis perdu, ce qu’ils nomment transcendance ne me porte pas dans la vérité de cette nature unique, unifiée, réunitarisée…

Une larme s’échappe comme un substrat de ces mots que je lis, elle porte en elle une misère qui n’est que la mienne, celle qui voit son corps et en sent la chaleur, celle qui part delà les valons et les chemins voit sa lueur comme un âtre qui crépite et s’anime.

Cette bille aqueuse reflète les passions, les colères, la mort, le sang qui bout et qui de ses remous étouffe un cœur trop plein qui n’a plus à qui donner.

Elle coagule l’être, le néant, le temps, plus rien ne semble filtrer, pas même la matière… mon monde est définitivement figé…

Eppur si muove.

7 months ago 1 note

Leid

La mort nous ôte toute notion du beau, ces tableaux que vous avez aimé ne seront que cendre sur trépied. J’ai perdu en moi le goût de ces dimensions esthétiques, de ces volutes plastiques qui émerveillaient mes pupilles. 

Je quitte le monde des fins esthètes car mon cœur ne produit plus aucune passion pour ces matières modelées, pour ces contours tracés, élans de l’énergie du poète qui déshabille son âme à mesure qu’il superpose les couches de peinture.

Une passion sans nom court dans mon corps, comme un frisson ardent qui calcine mes veines quand son nom résonne, écho d’une plainte lointaine dans les méandre de mon cerveau saturé. Émotion en fuite, langueur et fadeur qui tapissent de leur teinte morne les murs de mon monde perçu, cet environnement baigné de lumière devenu un gris et triste cimetière. 

Ces œuvres de maîtres, ces totems flamboyant ne sont devant mon œil vitreux que gribouillis imprécis et matière en décomposition. je cherche dans ce vide les structures de ma vie passée, la voix frêle d’un surmoi qui se souviendrai de mes émois. Une infime partie de mon être qui ne t’as pas suivie hors de mon champ de vision, hors de mes bras et de leur étreinte parfumée.

Je suis l’épave défigurée qui repose sur le rivage des mélancolies. Le morceau de bois dévoré par la marée, étalé sur un banc de sable grossier comme l’éclat d’une âme au seuil de l’enfer. 

Je ne suis plus ce héraut glorieux célébrant sa passion dans l’empyréen, je traîne ici bas comme celui à qui on a coupé les ailes, à qui on a ravagé l’esprit… mais qui croit encore… 

8 months ago