Ceux qui passent des jeux de l’âme aux jeux de lames,

transitent par de biens tristes larmes.

1 month ago

The Fallen

Cet homme, a priori, aux abords de cette caverne, sorte de tanière pour Hermite en méditation tenait profil bas, sa position traduisait une souffrance intérieure qui m’intriguait.

Son regard soudain se fixa vers moi, il m’avait deviné, mais ne s’enfuit point; saisi à cet instant, nu sous ce ciel de braise et mon innocence face à son état, il ne pouvait rien faire d’autre que de m’adresser la parole.

Je m’installais à coté de lui, près d’un feu à moitié éteint, e il me conta, sans que je l’y invite, la genèse de ses tourments:

"Quelle misère que cette chair, que d’être homme, humain, comme vous tous… Je suis un être du divin, je vis dans un espace temps qui diffère du vôtre même si je vis à vos cotés…

Dans l’unique, dans ce qui régit l’univers, mon énergie est un astre qui brûle comme mille feu, toutes les vies de ce monde me traversent et je les ressens vibrer à travers mon être, nous sommes liés, nous sommes un… même vous, oui vous, je perçois votre lumière, votre destin, vos passions, vos faiblesses. Vous êtes constitués de cette matière que le monde vous prête avant de la restituer à la grande fortune et qu’elle y soi recyclée… tel est le chemin de la vie.

J’ai une conscience sans fin, en un sens je suis immortel, mon essence a traversé les époques, les transmutations, l’espace et le temps… j’ai voyagé entre le monde matériel et l’abstrait, depuis toujours… si bien que l’on m’y a même donné un nom. 

Malheureusement, pour exister ici bas, pour être en prégnance avec votre univers, je suis versé dans cette chair, aujourd’hui, humain, et triste…

Cette enveloppe est ma faiblesse car les lois qui la gouvernent désormais vont à l’encontre de notre Trinité…

Les gens de votre espèce ne respectent plus l’énergie, la source de vie, ils gaspillent sans cesse leur destin à de futiles desseins, s’épuisent et s’embrasent sans voir le fil qui les tient.

j’ai goûté à votre décadence sans pouvoir m’en échapper, telle une gravité ancrée dans mon génome, voyez vous jeune homme, j’ai aimé…

L’œil divin qui m’habite a vu dans un être une énergie pure qui m’appelait, qui résonnait, qui vibrait avec la mienne. Dans la sphère de l’infra-monde il n’y aurait aucun doute sur le potentiel que cela implique, quelle tension porterait une si belle dynamique…

Mais ici ce n’est que confusion, l’amour que ‘on reçoit se refuse toujours à se parer d’un grand A… L’Etre puisse t’il être beau, il dépérit à l’instant comme détourné de l’interaction par la recherche perpétuelle du frisson.

Je l’ai tenu dans mes bras, j’ai contemplé son regard, j’ai senti son cœur et son corps battre dans le noir, nos âmes vibrer à l’unisson comme pour fredonner une jolie chanson. Une puissance immense nous envahissait, le souffle transcendant de la vie dans son expression la plus pure. Toucher au divin, ici dans ce monde qui en porte les fragments, être connectés, tous deux, mais aussi à tout et au Tout.

Mais cela s’est enfui, comme les femmes ferment les yeux un soir pour imaginer l’au delà de qui leur fait face. Quitter la lumière pour un rien plus séduisant, briser les chaines invisibles de l’éternel pour un peu de poussière… l’abandon, le refus, pour vivre l’indécis destin de la matière qui se perd, celle qui se dissout sur des chemins d’ombre, retourne au néant pour n’en jamais revenir.

Je pouvais la laisser ainsi glisser vers ses abîmes, si seulement elle n’était pas l’objectif même de mon existence ici… j’en pleure, je me maudis, je sombre.

j’étais une énergie exaltée, je ne suis qu’une étoile qui s’effondre sur elle même, chaque fois que mon être parait face au miroir, je vois déjà un trou noir, un vide, sans fond, sans substance. Prisonnier de cette enveloppe j’ai goûté aux sentiments humains et je les crache jusqu’au sang de mes entrailles sur les pierres qui pavent le sol autour de cette caverne. j’entame ma propre chair pour me révolter contre sa faiblesse. Mon énergie vacille et se sent à l’étroit dans ce corps perdu qui se meurt sans ses bras. Nature et simplicité, immanence et destinée, les avenirs tracés aux plaisirs humbles mais assurément intenses et purs comme des bouchées de divin. Où allez vous ainsi avec votre vie complexifiée? vos désirs sans cesse sur la brèche? Ces dynamiques qui fuient la compréhension du monde mais se cloisonnent dans vos cultures qui exploitent les vices et la démesure, les ruptures, la discontinuité, comme si vivre c’était se réinventer de force… Moi je meurs de tout ça et j’attend de quitter ce corps, quelle misère m’a frappé pour venir ici sous cette forme?…

Je vous souhaite de connaitre un jour al voie vers l’énergie, cette onde mystique que quelques chamans anciens, mystiques et autres alchimistes parmi vous avaient embrassés. Pour qu’un jour vos amour deviennent Amour et que les cœurs cessent de saigner.”

1 month ago

Quoi? vous ne m’aviez pas reconnu? Hélas, le froid et la nuit habitent mon cœur et je suis perdu sous le voûtes glacées d’un ciel sans étoiles.

Chaque seconde qui passe me projette ses images, des prismes par lesquels des arcs-en-ciel en deuil semblent lamenter mon existence.

Oui j’ai perdu la raison, nommez la ainsi, cette danseuse raffinée, cette petite perle qui a échappé à mon regard, mon étreinte, mes baisers.

Je suis l’ange maudit, jadis héraut d’un dieu de lumière! et puis… j’ai aimé… Mais pour quel autre sentiment pourrait ton se couper les ailes? renoncer à l’éternel, à la pureté de l’empyréen?

Ses yeux, son sourire ont arraché ces appendices de mon dos avec autant de délicatesse que de brutalité. Mon cœur… mortel, mon paradis… perdu, mais infini dans son regard et dans les battements de son cœur qui résonnent contre ma poitrine…: le mal.

Elle m’a abandonné dans cet enfer, où je demeure reclus, vaincu, à mirer vos têtes mortelles aussi vides que les ambitions qui vous habitent. Je pleure, je rêve et je me meurs…

Mon cerveau noyé, branché sur un courant alternatif ne reçoit plus les messages divins, il crie et gémit quand il croise dans ses périples les phénoménologies Husserliennes, le pauvre Heidegger… les grands, les penseurs… les tourmentés de la science et de l’Idée…

Je laisse Jung et les furies des épistémologies structuralistes me repeindre de l’intérieur, ils vomissent en moi une perception du monde, la vôtre qui ne ressemble pas à ce paradis perdu, ce qu’ils nomment transcendance ne me porte pas dans la vérité de cette nature unique, unifiée, réunitarisée…

Une larme s’échappe comme un substrat de ces mots que je lis, elle porte en elle une misère qui n’est que la mienne, celle qui voit son corps et en sent la chaleur, celle qui part delà les valons et les chemins voit sa lueur comme un âtre qui crépite et s’anime.

Cette bille aqueuse reflète les passions, les colères, la mort, le sang qui bout et qui de ses remous étouffe un cœur trop plein qui n’a plus à qui donner.

Elle coagule l’être, le néant, le temps, plus rien ne semble filtrer, pas même la matière… mon monde est définitivement figé…

Eppur si muove.

2 months ago 1 note

Leid

La mort nous ôte toute notion du beau, ces tableaux que vous avez aimé ne seront que cendre sur trépied. J’ai perdu en moi le goût de ces dimensions esthétiques, de ces volutes plastiques qui émerveillaient mes pupilles. 

Je quitte le monde des fins esthètes car mon cœur ne produit plus aucune passion pour ces matières modelées, pour ces contours tracés, élans de l’énergie du poète qui déshabille son âme à mesure qu’il superpose les couches de peinture.

Une passion sans nom court dans mon corps, comme un frisson ardent qui calcine mes veines quand son nom résonne, écho d’une plainte lointaine dans les méandre de mon cerveau saturé. Émotion en fuite, langueur et fadeur qui tapissent de leur teinte morne les murs de mon monde perçu, cet environnement baigné de lumière devenu un gris et triste cimetière. 

Ces œuvres de maîtres, ces totems flamboyant ne sont devant mon œil vitreux que gribouillis imprécis et matière en décomposition. je cherche dans ce vide les structures de ma vie passée, la voix frêle d’un surmoi qui se souviendrai de mes émois. Une infime partie de mon être qui ne t’as pas suivie hors de mon champ de vision, hors de mes bras et de leur étreinte parfumée.

Je suis l’épave défigurée qui repose sur le rivage des mélancolies. Le morceau de bois dévoré par la marée, étalé sur un banc de sable grossier comme l’éclat d’une âme au seuil de l’enfer. 

Je ne suis plus ce héraut glorieux célébrant sa passion dans l’empyréen, je traîne ici bas comme celui à qui on a coupé les ailes, à qui on a ravagé l’esprit… mais qui croit encore… 

3 months ago

Nocturne n°4 16 

J’efface un à un ces pas qui mènent à ma tombe. Je fuis le vent mais c’est lui qui me ramène, parmi les vivants dans ce faux jardin d’Eden. Quand le souriant y voit un paradis; le trahit le dément y voit une aporie. 

Je me tiens gaillard à l’orée de ce bois, mon visage portant les marques de sauvages fracas, mais mon regard se perd, il voyage, il vole, il ne veut plus caresser le sol car sa liberté est simplicité.

Je vois dans ce pré en fleur des reflets de mes valeurs, celles d’une nature qui vibre vers l’infini, le cycle, l’énergie, celle qui aime, qui fait, qui défait, qui meurt et qui renaît.

Dressé comme les cavaliers qui surplombent le champ de leur victoire, mes yeux sont pourtant teintés de noir. Cette larme qui tranche ma joue n’est pas seulement de sel, elle a un autre goût. L’épaisseur, la texture du flux qui quitte son vaisseau, le plus triste et le plus chaud des sanglots. C’est de ce sang qui couvre mon corps, de ces tranchées béantes qui égrainent ma vie que je me permets de contempler cet ici-bas qui me parait déjà si étranger.

Comme un souvenir qui ne retrace rien, comme un ancien navire qui oublie le chemin. Je pars, je m’évapore comme si dans ses bras j’avais trouvé la mort. C’est cet ange qui vu du ciel me paraissait si beau qui de ses glaives de dentelle a sculpté ma peau. Comme un parfum persistant qui murmure un “je t’aime” alors qu’il enivre jusqu’à sombrer dans la peine. Je suis sorti de mon tombeau pour revoir tes yeux, un peu plus brillants dans mes souvenirs que quand tu m’as dit adieu. Je ne trouve hors de mon tertre que les cendres de mon monde, prenant mes pas à contre-sens, je reviens à ma tombe.

Sans pardon, ni foi, peu d’espoir hors de tes bras, je ne rêve plus d’une vie ici bas, un seul poème pour t’offrir mes pensées, c’est peut être déjà plus que tu n’as mérité.

3 months ago 2 notes

Nocturne n°3 12

Aux confins des méandres de mon âme, quand la vie se heurte à l’absence d’espace, d’un silence à un autre dans un miroir sans surface, revers de mes songes et de mes douleurs qui marquent de sang les pires de mes tourments.

Espoir solitaire qui fuit dans mon regard, les courbes de son corps qui résistent à l’oubli, l’ennui d’une forme qui ne trace qu’une absence et le plein d’un vide qui bourdonne de chagrin.

Je voyage et souris comme par mécanique, triste programme qui malaxe ma face, comme poupée de chiffon dont on peint un visage, une image, l’illusion de nos émotions qui transpirent de nos êtres, l’empathie coupable de nos plus belles défaites, la chaleur d’une étreinte qui teintée de mensonge, s’en ira bien vite essorer les larmes comme une vulgaire éponge.

Une nuit sans prière, sans plaire à la lune qui en rie face aux astres, quand sous les rayons séléniens nous entamons un tango, le temps d’accorder nos pas sans écouter la même chanson. Un refrain mélancolique qui résonne dans ma tête, frappe et m’assourdit quand je pense à moi même, l’idée soudaine d’une absolution, l’évidence qu’il n’existe aucune guérison.

Je coule, la surface me repousse sans cesse vers un néant, un ailleurs, un au-delà, il n’existe plus de réalité pour le cœur échoué et mon esprit se refuse à toute autre pensée. C’est à cette heure que j’erre dans mon propre corps, je respire du tourment et exhale des gémissements, comme si de mes yeux jaillissait un trésor dont l’écrin aurait pris les atours de la mort.

De ma main qui tremble comme au front d’une guerre, quand ma dextérité vibre comme l’amer, j’écoute ces voix qui murmurent entre deux illusions, je me laisse porter par cette commotion, je suis face à ces gens qui n’ont aucune matière et qui sont bien témoin de ma propre misère. Ils rient comme si je reflétais leur propres peines, leur haine, leur humiliation, ils n’ont aucune retenue et ont surement raison, car celui que je regarde dans un coin plus obscur, celui qui reste muet mais dont les yeux susurrent, c’est bien ce moi engourdi, endormi, anesthésié par cette vie qui se tourne et retourne, d’un axe indécis qui trace dans mon espace-temps une ellipse sans finalité. 

J’ouvre un œil, la lumière m’accueille, mais je vois tout, moi, eux, elle surtout plus brillante par son absence que la lampe elle-même.

Je pleure.

3 months ago 2 notes

J’ai dû devenir quelqu’un d’autre pour aimer celui que j’étais.

4 months ago

In memoriam II-2.1

Les prisons de marbre qui détiennent notre conscience, colonnes bâties par nos passés défunts, enferment à nouveau mon âme dans tes yeux.

Je ne sais plus désormais si je suis otage de toi ou de moi même, mais c’est cet horizon, où nos cœurs qui s’aiment saignent, qui nous porte vers un lointain où tu ne dis plus mon nom.

Au diable les farandoles et les chants des festifs! Laissez les guerriers reposer sous la place. Je contemple sans frémir le vide dans ma main, quand l’ombre de la tienne y a laissé son dessin.

Remplir sa conscience d’un jour nouveau comme pour se mentir et sauver sa peau… je rejette ces normes et les balance à l’amer, quitte à être damné de vivre sur cette terre. 

Que toutes les pluies du monde s’abattent sur moi, que tous les pôles Nord m’enveloppent de leur froid, je resterai debout même dans le cyclone, seulement parce que tes yeux font que mon sang bouillonne.

Pleure ange déchu devant le cadavre que tu as brûlé! détourne ton regard pour mieux te consoler! Si ton œil brillant trahit que tu retiens tes caresses, il résonne en mon cœur comme une coupable allégresse. 

Mon sang sur tes mains, je l’essuie moi même. Je m’assois ici, dans les cendres, pour être aux premières loges, Je ris aux éclats comme un dément emprisonné, car de cette vie que tu m’as ôté, naîtra mon obscurité.

Je prolonge dans mes songes ce dernier baiser, tel un soleil et une lune entrain de s’embraser, que dans ton ciel étoilé mes larmes puissent briller.

4 months ago

Réfle(x)ction

Je cherchais, désespéré, une preuve que mon cœur battait toujours, qu’elle n’avait pas tout emporté, tout arraché…

Il n’y avait rien à faire, et le miroir ne mentait pas, j’étais mort dans mon propre regard.

4 months ago 1 note

J’avais l’impression de vivre dans un autre monde, là où ma vie n’était qu’un fantasme. De ce processus de créativité linéaire naissait des extensions vers des vies adjacentes destinées à en drainer le contenu jusqu’à épuisement.

Entre deux niveaux de saisie de ma propre vie, je pouvais voyager et sonder ces reflux, comme des messages envoyés à moi même pour faire trace de mes émotions.

Nul ne contrôlait ce vaisseau qui partait à la dérive, vers un là-bas, froid et sombre qu’aucune intuition ne savait éclairer… l’aventure, l’évènement, le terrain fertile d’une vie qui glisse dans l’espace temps et puise son impulsion dans les rencontres.

Le risque conceptuel enfin matérialisé, la collision inévitables de deux êtres voués à s’accompagner mais profondement tiraillés par des tensions contraires.

5 months ago 2 notes